Hahaha ! J’aime les champs de bataille. on y apprend souvent de nos ennemis, et nos amis ne sont pas toujours ceux que l’on croit !

On sait assez peu de chose sur le Général des Immortels, mis à part, peut-être, son appartenance au puissant « Cartel des Scorpions » et son statut de héro pour les habitants d’Ul’dah.

Le « Taureau d’Ala Mhigo » comme on l’appelait durant sa carrière de Gladiateur au Colisée, et l’un des seuls membres du Cartel à soutenir et respecter la Sultane.

Plus jeune, il prit les armes aux côtés de Curtis Hext pour tenter de libérer Ala Mhigo du joug de son tiran: Théodoric. La suite vous la connaissez, Ala Mhigo tomba sous l’emprise de l’empire et Raubahn ce retrouva au Colisée d’Ul’dah pour payer ses « crimes ».

Tizona, l’épée maudite

Cette épée, Raubahn l’hérita de son ennemi juré après l’avoir vaincu. Sa devise est « frapper comme l’éclair, rugir comme le tonnerre ». Une devise qui résume assez bien le style de notre général. Quand à sa précieuse épée, il ne la quitte jamais, enfin… presque.

Autour de la tempête de sang – Un pari sur la vie

Le vent froid de la région des Lacs de Gyr Abania portait le doux chant qu’entonnait un soldat qui passait par là :

« Pari gagné, ma boîte est un coffre rempli d’or. Pari perdu, ma boîte est un cercueil où à jamais je dors. »

Il fut un temps où aucun Uldien n’ignorait cette ritournelle, décrivant un voyageur faisant route vers la cité du désert, le cœur joyeux et des rêves de fortune plein la tête, traînant derrière lui une énorme boîte devant lui servir selon son étoile de coffre ou de cercueil. Ce pauvre hère prêt à jouer sa vie sur un coup de chance, foulant d’un pas guilleret le sable brûlant.

L’homme avait-il finalement remporté son pari ? Le vice-maréchal Pipin Tarupin s’est longtemps posé la question. La chanson, il la connaissait par cœur ; son père la lui ressassait inlassablement lorsqu’il était enfant (il n’est pas question ici de Raubahn Aldynn, son père adoptif, mais de son père biologique).

C’était d’ailleurs à peu près la seule faveur que lui accordait cet individu qui n’avait de père que le nom. En vérité, le petit Pipin le haïssait plus que quiconque, et à raison : porté sur la boisson et les jeux d’argent, endetté jusqu’à l’os, il n’aurait pas hésité à mettre en gage son propre enfant pour se sortir de ses déboires. Du reste, c’est ce qu’il fit un beau jour. Pipin avait alors à peine douze ans. Ce jour-là, il avait pour tâche d’aider à la mine. Alors qu’il était occupé à trier des pierres, un homme à la carrure imposante, aux allures d’ancien guerrier, se dressa devant lui et lui toucha ces mots :

« Petit, tu viens avec moi. Je me demande si tu tiendras le coup, hé hé… On prend les paris ? »

C’est ainsi que Pipin fut revendu à cet homme, un promoteur de combats de gladiateurs. Bon gré mal gré, il emménagea dans une minuscule chambre taillée dans la pierre, au sein de la caserne allouée aux combattants. Une nouvelle vie l’attendait, dans laquelle au labeur du travail succéderait celui de l’entraînement, et ceci jour et nuit. Levé aux aurores, il passait ses journées au service des gladiateurs plus aguerris, abattant corvée après corvée. Le soir venu, il se rendait au terrain d’entraînement pour y apprendre à se battre auprès d’un instructeur sans pitié qui n’hésitait pas à mener ses élèves au bâton et au fouet.

L’unique prérogative dont il jouissait par rapport à son ancienne vie était la garantie de repas copieux. Puisqu’un gladiateur mise sur son corps pour fructifier son pécule – via l’argent des paris et les primes en cas de victoire – et qu’un corps d’athlète passe nécessairement par une alimentation riche, il était normal que même un novice comme Pipin ait régulièrement droit à de succulents ragoûts de viande accompagnés de pain à l’orge. C’est à cette époque que le jeune Lalafell découvrit pour la première fois le goût de nombreuses épices.

Reste que son sort était loin d’être enviable, surtout pour un enfant de son âge. Si ce quotidien ô combien âpre n’avait pas raison de lui, il aurait tôt ou tard dû mettre sa vie en jeu lors d’un de ces fameux combats de gladiateurs. Bien sûr, il avait songé à se soustraire à ce destin cruel, et ce dès le jour où le promoteur était venu l’arracher à son foyer. Seulement, l’instructeur du Colisée avait des yeux et des oreilles partout, et ne relâchait jamais sa vigilance. Une année s’écoula sans que Pipin ne tente la moindre évasion. Puis vint un jour où le promoteur, son ravisseur et maître, lui ordonna de servir un guerrier aussi féroce qu’expérimenté. Le garçon ne le savait pas encore, mais il allait rencontrer celui qui deviendrait son nouveau père.

« Tu m’as l’air bien jeune… Quel âge as-tu ? »

À la question du combattant, Pipin répondit simplement la vérité : « Treize ans ». Après ce bref échange, tous deux se dirigèrent vers l’antichambre du Colisée réservée à la préparation des gladiateurs, sans que ni l’un ni l’autre ne pipe mot. Le Lalafell préféra se taire, ne sachant s’il fallait imputer le silence de son interlocuteur à de l’introversion ou de la concentration avant l’épreuve (beaucoup de guerriers sont après tout des hommes de peu de mots, et jouer les moulins à paroles en leur présence est rarement une bonne idée…).

Les langues ne se délièrent pas plus une fois dans l’antichambre, l’imposant gladiateur se contentant de donner une poignée d’instructions à son assistant. Pipin s’exécuta sans broncher, l’aidant à revêtir son armure pour enfin lui remettre son casque en fer noir, dont le cimier cornu rappelait la tête d’un taureau. Le guerrier s’en saisit et le vissa sur sa tête. Fin prêt, il marcha en direction de l’arène.

« Mesdames et Messieurs, je vous demande d’accueillir comme il se doit le seul et unique taureau d’Ala Mhigo… Raubaaaahn Aldyyynn !!! »

À peine cette annonce avait-elle été faite qu’une clameur grondante gagna l’antichambre où patientait Pipin. Hourras et vociférations de la foule se mêlaient en un brouhaha assourdissant. Le jeune garçon n’en revenait pas : le seul nom de ce gladiateur taciturne avait suffi à embraser tout le Colisée.

Par la suite, Pipin accompagna Raubahn dans ses combats à maintes reprises, autant d’occasions de briser peu à peu la glace, tant et si bien que le gladiateur et son aide finirent par devenir complices et partager leurs parcours de vie respectifs. Raubahn révéla qu’il était originaire d’Ala Mhigo, qu’il s’était distingué au sein de son armée face aux forces de l’empire de Garlemald, avant d’être grièvement blessé. Il évoqua la révolte mhigoise, et l’invasion garlemaldaise qui s’est ensuivie. Sa fuite de justesse, puis l’errance dans le désert, à traîner sa patte folle, le début d’un interminable périple qui devait le conduire jusqu’aux portes d’Ul’dah. Son arrestation une fois sur place, après qu’on l’a pris pour un espion. Enfin, la motivation première qui le poussait à se battre dans le Colisée : la reconquête de sa liberté.

Cette dernière révélation interloqua Pipin. Ainsi, ce guerrier si puissant, capable de subjuguer les foules, pénétrait dans l’arène non pas par plaisir ou appât du gain, mais par contrainte… Aussi singulière soit-elle, cette histoire devint une lueur d’espoir pour le jeune Lalafell. Les prisonniers pouvaient se faire gladiateurs, et racheter leur liberté avec l’argent des combats remportés. Raubahn, malgré un passé lourd de souffrances, continuait de se battre jour après jour pour reprendre la main sur son destin. « S’il peut le faire, pourquoi pas moi ? », songea le garçon en son for intérieur. Et c’est ainsi qu’il se résolut à embrasser la voie de l’épée, la seule à même de garantir sa survie et de lui rendre sa liberté perdue.

« Bonne nouvelle, j’ai remboursé la dette jusqu’au dernier gil. Tu sais ce que ça veut dire ? »

Un beau jour, Raubahn, de retour dans l’antichambre du Colisée après une énième victoire, fit cette annonce à Pipin.

« Félicitations, Raubahn. Si tu savais comme je suis content pour toi ! »

Le gladiateur n’avait pas menti. Il s’était bel et bien entièrement acquitté de la dette qu’il avait endossée. Le jeune garçon, d’abord heureux pour son ami, parut tout d’un coup attristé : il venait de réaliser qu’à présent que son ardoise était de nouveau vierge, Raubahn allait mettre un terme à sa carrière dans l’arène. Pipin devrait bientôt dire adieu à celui qui était pour lui un mentor et un phare.

« Eh bien, tu en fais une tête. Tu n’es pas content d’être enfin libre ? »

À cette remarque de Raubahn succéda un moment de flottement, durant lequel le gladiateur, qui serrait dans sa main une bourse remplie de gils, et son assistant s’échangèrent pendant de longues secondes un regard hébété… Un spectacle pour le moins cocasse. En réalité, ce qu’il avait omis de préciser, c’est que cela faisait plusieurs mois qu’il se battait non plus pour racheter sa liberté, mais pour éponger la dette contractée par le père de Pipin. Grâce à la prime de sa dernière victoire, c’était désormais chose faite.

« Tout ça pour dire que tu n’auras pas à mettre un pied dans l’arène. C’est mieux comme ça. Les débutants font rarement long feu, et je parie que tu n’as pas envie de te faire tuer, ni d’ôter la vie à qui que ce soit… »

Pipin eut besoin d’un temps de réflexion, mais finit enfin par saisir le sens des paroles de son ami. Alors il se mit à pleurer à chaudes larmes, submergé par un torrent d’émotions où se mêlaient la joie de voir enfin la lumière après des années de privations, le soulagement d’échapper à une mort précoce, et surtout une infinie gratitude envers son bienfaiteur.

C’est ainsi qu’au petit matin, Pipin quitta la caserne des gladiateurs, emportant sous le bras un petit sac en jute contenant ses effets personnels – trois fois rien. Personne ne vint lui dire au revoir. En tant que prisonnier, Raubahn n’était pas autorisé à sortir de sa cellule en dehors des combats. Quant au promoteur, à l’instructeur et aux autres gladiateurs du Colisée, le départ d’un garçon qu’ils ne reverraient probablement jamais était le cadet de leurs soucis.

Pipin ne bouda néanmoins pas son plaisir, battant le pavé encore frais de la grand-rue, savourant à chaque pas sa liberté retrouvée. Mais alors qu’il déambulait le long d’une chaussée déserte, une profonde angoisse le tirailla : il allait rentrer chez lui, et après ? Son bon à rien de père n’allait-il pas de nouveau crouler sous les dettes de jeu ? Si cela devait arriver, Pipin ne serait-il pas une fois de plus vendu au plus offrant ? Probablement que oui. Le Lalafell ne le savait que trop bien, lui qui en avait déjà fait l’amère expérience.

Alors il s’arrêta un instant. Puis brusquement, il fit volte-face, et se mit à courir à rebrousse chemin, vers le Colisée.

« Tu n’es pas parti ? Qu’est-ce que tu fabriques encore là !? »

À la grande stupeur de Raubahn, Pipin se tenait devant sa cellule. Le garçon s’expliqua :

« Raubahn, j’ai une faveur à te demander : entraîne-moi, s’il te plaît ! Je veux devenir gladiateur comme toi ! Ne plus attendre qu’on me tende la main, mais forger mon propre destin à la sueur de mon front ! »

Pour Pipin, un foyer où il risquait à tout moment d’être livré en pâture à un requin ne valait pas mieux que la bonne vieille caserne du Colisée, aussi froide et austère fut-elle. Au moins, il pouvait y approfondir les bases du combat qu’il y avait acquises, avec en point de mire la personne qu’il respectait le plus au monde.

À cette annonce semblable à une profession de foi, le gladiateur prisonnier se contenta de répondre par un sourire.

Cependant, la décision qu’il prit ensuite bouleversa à jamais la vie du jeune Lalafell. En effet, Raubahn racheta contre une somme rondelette le contrat établi entre le père de Pipin et le promoteur, qui faisait de ce dernier le tuteur légal de son fils. Dans la foulée, il adressa au gouvernement uldien une lettre stipulant qu’il en était désormais le père adoptif. Il s’assura de cette façon que la paternité du garçon lui reviendrait de droit et ne pourrait en aucun cas être mise en cause.

C’était le début d’une nouvelle vie pour Pipin, sous l’égide de son nouveau protecteur. Le Colisée accueillit ce père et ce fils pas comme les autres, l’un prisonnier gladiateur, l’autre citoyen libre. Comme convenu, Raubahn transmit sa science du combat à l’épée à son jeune disciple. Toutefois, il se refusa à laisser le garçon marcher dans ses pas, et il fut convenu que Pipin déciderait de sa carrière à sa majorité.

Bien des années se sont écoulées depuis. Un temps mercenaire, Pipin est aujourd’hui vice-maréchal des Immortels à seulement vingt-cinq ans. Ses hommes et lui sont actuellement en première ligne dans la lutte pour la reconquête d’Ala Mhigo, la patrie de son père adoptif.

« J’ai remporté mon précédent pari. Je suis toujours en vie. Faites-moi confiance, Père… Je remporterai également celui-ci ! »

Pipin empoigna Tizona, l’épée maudite, et pressa le pas en direction du champ de bataille.

Extrait des récits de  » Autour de la tempête de sang « 

J’espère que cette article vous aura permit d’en apprendre un peu plus sur le Taureau d’Ala Mhigo. Cette série sur les dirigeants de nos grandes Compagnie est à présent terminé, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions dans les commentaires. Vous pouvez également me proposer d’autres sujets traitant du Lore de Final Fantasy XIV.

Bon jeu à tous !

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